"Moi je trouve pas qu'il fasse si chaud dehors"

Pour commencer, il est essentiel que nous soyons en phase sur ce que l’on entend par “changements climatiques”. 

Ne pas confondre climat et météo

Si la météo correspond à une situation instantanée et locale du temps qu’il fait (température, précipitations, vent…), le climat est quant à lui une description statistique fondée sur les moyennes et la variabilité de ces mêmes grandeurs sur de longues périodes (la période type, définie par l’Organisation météorologique mondiale, est de 30 ans) et à l’échelle mondiale. 

On ne parle pas de variations ponctuelles

Les changements climatiques correspondent à une modification durable du climat, à l’échelle planétaire. Dans la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), les changements climatiques sont mêmes définis comme des “changements de climat qui sont attribués directement ou indirectement à une activité humaine altérant la composition de l’atmosphère mondiale et qui viennent s’ajouter à la variabilité naturelle du climat observée au cours de périodes comparables”. 

L’étude des changements climatiques est donc complexe et en 1988, le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) a été spécialement créé pour expertiser de façon objective, précise et méthodique l’ensemble des informations internationales scientifiques, techniques et socio-économiques s’y référant. 

En pratique le GIEC regroupent la quasi totalité des pays du monde (195 membres), et organise son action internationale en 3 groupes de travail : 

I.   Etat des connaissances scientifiques sur l’évolution du climat. 

II.  Analyse des impacts liés aux changements climatiques et des possibilités de s’y adapter.

III. Examen des moyens de réduction des gaz à effet de serre et d’atténuation du changement climatique en général.  

Les rapports du GIEC apparaissent donc comme une source essentielle d’informations pour comprendre et traiter le sujet du changement climatique. 

Dans son 5è rapport de synthèse (2014), le constat du GIEC est clair et sans ambiguïté possible :  

“Le réchauffement du système climatique est sans équivoque et, depuis les années 1950, beaucoup de changements observés sont sans précédent depuis des décennies voire des millénaires. L’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, la couverture de neige et de glace a diminué, et le niveau des mers s’est élevé.”

Réchauffement ok, mais de quelques °C seulement…

Compte tenu du nombre de phénomènes et de variables en jeu, il n’est pas chose facile de “calculer” les changements climatiques. Une simple équation ne suffit pas. 

Pour évaluer et déterminer les évolutions climatiques, les experts du GIEC s’appuient sur de nombreuses simulations, qui portent sur l’atmosphère, les océans et banquises, les reliefs, la végétation, les nuages ou encore les gaz à effet de serre. C’est la combinaison de ces différents modèles climatiques qui permet d’avoir une analyse globale et permet la réalisation de prévisions. 

De manière générale, une donnée est tout de même prise en référence pour symboliser l’évolution climatique, c’est le réchauffement planétaire. Il correspond à l’écart de la température moyenne de la planète avec les niveaux pré-industriels. 

Le réchauffement planétaire est notamment au coeur des derniers accords internationaux, et plus particulièrement l’accord de Paris de 2015, dont l’objectif est de “contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et de poursuivre l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5 °C”.

En 2020, le réchauffement planétaire se situe déjà au dessus 1°C environ. 

Sur la base du rythme actuel, nous atteindrons 1,5 °C dès 2040 et plus de 4°C en 2100 comme l’illustre la trajectoire rouge sur la figure ci-dessous, extraite du 5è rapport du GIEC.

 

Mais attention, 1°C de réchauffement planétaire n’est pas du tout la même chose qu’1°C de plus de la température !

Avec “seulement” 1°C de réchauffement planétaire, nous observons déjà une intensification récente inquiétante de phénomènes climatiques. Citons par exemple les cyclones Idai et Kenneth qui ont dévastés l’Afrique australe et engendrés des pénuries alimentaires au Zimbabwe, au Malawi ou encore au Mozambique, les incendies dévastateurs en Australie qui ont fait partir en fumée plus de 10 millions d’hectares et tués plus d’un milliard d’animaux, ou encore les inondations d’Asie du Sud qui ont forcé plus de 10 millions de personnes à quitter leur foyer en Inde, au Népal et au Bangladesh…

Une hausse de plusieurs degrés de la température moyenne de la Terre peut même transfigurer un continent entier. Pour illustrer cela, il suffit de se plonger 20 000 ans en arrière, lors de la dernière période glaciaire, où la température moyenne était “seulement” inférieure de 5°C. Une partie de l’Europe était recouverte d’une épaisse couche de glace de 300m d'paisseur !  

L’Europe, il y a 20 000 ans. 

https://www.usgs.gov/media/images/glaciers-extended-over-much-europe-during-last-ice-age

Le climat change naturellement, mais cette fois, c’est malhereusement différent

Des variations de climat ont lieu de façon naturelle, notamment selon les cycles de Milankovitch, en fonction la position de la Terre par rapport au soleil ou encore de son inclinaison. 

Cependant, nous vivons aujourd’hui une évolution climatique différente, unique.

En mettant en parallèle l’énergie solaire reçue par la Terre et les variations de la température moyenne à la surface du globe, le schéma ci-dessous illustre parfaitement le décalage entre l’évolution “naturelle” (avant 1950) et celle que nous vivons actuellement (depuis 1950).

Différence de timpérature et activité solaire
Différence de timpérature et activité solaire

Source : climate.nasa.gov

Sur une échelle temporelle plus grande, nous savons que le climat a connu d’importantes variations, alternant notamment différentes phases glaciaires. Pourtant, là encore, nous vivons une évolution climatique sans précédent. 

L’évolution de la concentration atmosphérique en gaz carbonique (CO2), l’un des principaux gaz à effet de serre, montre par exemple une augmentation unique sur les dernières décennies, atteignant plus de 400 ppm et dépassant ainsi largement le seuil maximal des 300 ppm atteint jusqu’alors au cours des 800 000 années passées.  

Variartion du CO2 sur terre
Variartion du CO2 sur terre

Dans leur cinquième Rapport d’évaluation, les experts du GIEC sont très clairs sur le sujet : 

“L’influence de l’Homme sur le système climatique est clairement établie et, aujourd’hui, les émissions anthropiques de gaz à effet de serre (GES) sont les plus élevées jamais observées.”

Le lien entre les activités humaines et le réchauffement climatique est aujourd’hui un fait scientifique.

Comment les activités humaines modifient le climat ? 

Le système Terre est complexe mais naturellement parfaitement équilibré et capable de s’auto-réguler. Alors comment les activités humaines peuvent-elles impacter durablement sur le climat ?

Car elles viennent impacter l’effet de serre, phénomène naturel de régulation de la température terrestre. 

En laissant passer le rayonnement solaire, puis en retenant les infrarouges émis par la Terre, l’effet de serre permet d’avoir une température moyenne compatible avec la vie humaine, ce qui n’est pas rien ! 

Sans ce phénomène thermique, la Terre serait un gigantesque glaçon…

Mais les activités humaines engendrent l’émission de gaz à effet de serre. 

Ces émissions anthropiques additionnelles modifient les équilibres naturels et viennent augmenter la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Celle-ci devient alors plus opaque au rayonnement terrestre, avec pour conséquence une élévation de la température de la Terre en surface. 

CO2 : l'effet de serre
CO2 : l'effet de serre

La planète se régule toute seule… oui mais non

De nombreux cycles naturels permettent au système Terre de s’auto-réguler et d’assurer la pérennité de nos écosystèmes : ce sont les cycles biogéochimiques. 

Le plus connu est le cycle de l’eau : évaporation des océans, formation de nuages, pluies...

Ils fonctionnent tous sur le même principe de fonctionnement : les éléments circulent continuellement, sous diverses formes, entre les différents milieux de l'environnement capables de les stocker, communément appelés puits ou réservoirs : l’atmosphère, l’hydrosphère, la lithosphère et la biosphère (autrement dit : l’air, l’eau, le sol et les organismes). 

Le saviez-vous ? Les cycles 

Dans le cas d’émissions anthropiques, ces cycles sont perturbés par l’ajout d’un nouveau flux entrants. Les éléments additionnels suivent le même processus de circulation et de transformation cyclique que les éléments naturels et viennent augmenter les quantités stockées dans différents réservoirs. La concentration de l'élément dans le milieu est alors modifier. 

Prenons l’exemple du CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre. 

Il fait partie du cycle du carbone. L’essentiel du cycle se fait entre l’atmosphère, les couches superficielles du sol et des océans, et la biosphère (végétaux, animaux…) qui échangent du carbone via des processus naturels comme la respiration, la photosynthèse ou lors de la décomposition des constituants de la biosphère.

Les activités humaines perturbent ce cycle naturel et viennent en modifier l’équilibre général comme l’illustre le schéma ci-dessous. 

Représentation des stocks et flux annuels de carbone sur Terre, différenciant  les échanges naturels des effets de l’activité humaine (en rouge). Données chiffrées basées sur le 4è rapport d’évaluation du GIEC, 2007. GtC : Gigatonnes de Carbone. Source : https://jancovici.com/changement-climatique/gaz-a-effet-de-serre-et-cycle-du-carbone/les-puits-de-carbone-ne-vont-ils-pas-absorber-le-surplus-de-co2/

Ce schéma montre une chose essentielle : les émissions directes liées aux combustibles fossiles et à la déforestation engendrent un supplément d’absorption de l’océan et des écosystèmes continentaux mais l’équation n’est plus équilibrée. 

L’atmosphère augmente ainsi chaque année son stock de CO2 de 50% de nos émissions directes. 

Le graphique ci-dessous illustre cette augmentation annuelle en présentant l’évolution de nos émissions de CO2 et leur impact sur sa concentration dans l’atmosphère. 

Source : noaa.gov (National oceanic and Adtmospheric Administration)
Source : noaa.gov (National oceanic and Adtmospheric Administration)

Cette corrélation s’observe également avec les deux autres principaux gaz à effet de serre que sont le méthane (CH4, en orange) et l’oxyde nitreux (N2O, en rouge).

Graphique extrait du 5è rapport du GIEC

La raison d'être de Time for the Planet : lutter contre l'élévation de la température

Time for the Planet est entièrement tournée vers la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Notre mode d'action : trouver des alternatives à toutes les machines, process de fabrication et services qui émettent des gaz à effet de serre.

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Devenir associé : Lutter à grande échelle contre le changement climatique

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