Comment nous allons utiliser l'open source pour lutter contre le changement climatique

Le 24 septembre 2020

Ce que nous entendons par open source, c'est le fait de mettre à disposition de tiers l'ensemble des éléments permettant de copier, utiliser et commercialiser les innovations produites par nos entreprises.

La licence Time for the Planet

Nous accordons des licences d'utilisation de nos innovations à toutes celles et ceux qui en feront la demande. Il est bien entendu interdit d'utiliser nos innovations sans obtenir au préalable cette licence. Nous délivrerons la licence à toutes les personnes et entreprises qui en feront la demande, à moins qu'elles ne respectent pas certains points de notre charte éthique.

La licence Time for the Planet ouvre des droits et des devoirs.

Les droits des entreprises bénéficiaires de la licence Time for the Planet

  • Copier tout ou partie d'une innovation
  • Améliorer une innovation
  • Commercialiser une innovation

Les devoirs

  • Mettre en commun les améliorations et découvertes faites sur l'innovation
  • Commercialiser l'innovation dans un domaine et sous une forme faisant partie d'une liste exposée dans la licence édictée par Time for the Planet. Ainsi, une innovation dédiée au secteur du bâtiment ne pourra pas être utilisée dans le secteur militaire, par exemple. Bien entendu, la liste des secteurs pourra être étendue sur demande, si Time for the Planet estime que cela est pertinent pour la lutte contre le changement climatique.

Les modèles économiques de l'open source

Le principe de Time for the Planet est de créer des entreprises qui doivent être suffisamment viables économiquement pour pouvoir se développer, avoir un impact sur le changement climatique, et susciter la création de nombreuses autres entreprises basées sur l'innovation apportée.

Chaque entreprise doit donc mettre à disposition de tous le savoir qu'elle a accumulé, et trouver une façon de gagner de l'agent qui ne soit pas basée sur la privatisation de ce savoir.

Voici des exemples de modèles économiques possibles autour de l'Open Source

1er modèle : les services additionnels

Ce modèle est particulièrement adapté pour les innovations BtoB, c'est-à-dire celles qui sont vendues aux entreprises. Par exemple, une technologie de construction sans ciment, ou de captation du CO2, peut-être proposée à de très grandes entreprises, sous la forme d'un accompagnement à la mise en oeuvre, plutôt que par la vente d'un système industrialisé.

Il y a des avantages considérables à aller rencontrer un très grand industriel pour lui proposer un service de mise en oeuvre d'une technologie open -source, plutôt que de lui vendre un produit fini dont il ne connaît aucun détail technique :

  • Nul besoin d'investir des dizaines, voire centaines de millions d'euros dans la création d'une chaîne de production : on accompagne le client pour mettre en place cette chaîne, en interne ou chez un sous-traitant.
  • Possibilité de vendre la formation permanente des équipes du client, et de fournir de la main d'oeuvre qualifiée pour gérer les travaux
  • Possibilité de vendre la maintenance du système

En résumé, le but est d'utiliser la force de "l'adversaire", en en faisant un partenaire. Si une immense entreprise commercialise une innovation que nous avons mise à jour, l'impact sera beaucoup plus rapide que si nous passons des années à tenter de concurrencer cette entreprise. Cette méthode permet ainsi à une simple PME de moins de 100 salariés d'avoir un impact sur des entreprises gigantesques... et donc sur d'immenses quantités de CO2.

Bien sûr, ce modèle ne sera pas toujours applicable. Parfois, les entreprises en question ne souhaiteront pas faire affaire avec nous. On devra alors choisir un modèle différent ça tombe bien, il y a en a beaucoup d'autres.

2ème modèle : l'image de marque

Ce n'est pas parce qu'on aide les concurrents à se développer que l'on renonce à une place de leader. Les entrepreneurs savent que la présence d'une forte concurrence n'est jamais une raison d'échec d'une entreprise : seules les erreurs que l'on commet en réaction aux actions de la concurrence peuvent amener à l'échec.

Mais de façon générale, la concurrence est vertueuse, car la communication faite par chaque entreprise aide à l'extension du marché ciblé. Par exemple, le succès de Tesla et de sa communication mondiale a clairement amélioré la notoriété et l'indice de confiance des citoyens par rapport aux voitures électriques. Cela a contribué à l'augmentation du chiffre d'affaires de Renault et consorts sur ce segment.

Nous pouvons donc lancer une entreprise, permettre à des concurrents de se créer, et devenir leaders sur le marché en ayant une communication, un design ou un produit plus abouti que l'ensemble des autres acteurs. Tout simplement en devenant une marque connue et qui inspire confiance.

Nous pouvons aussi axer notre développement sur un segment de clientèle et laisser les autres segments à nos concurrents. Exemples de segments :

- segment géographique (Europe vs Asie)

- segment économique (CSP+ vs classes moyennes)

- Segment logistique (distributeur vs producteur)

etc...

La Market place

Le principe de la Market place est de rendre disponible une technologie standard, pour permettre ensuite à un écosystème de créer des services ou produits basés sur cette technologie, et de se rémunérer dessus. Par exemple, Androïd est un système d'exploitation sur lequel n'importe quel développeur peut venir proposer une application, gratuite ou payante. Androïd (Google) perçoit alors une commission à chaque vente effectuée par les applications tierces.

Ce principe peut être étendu à d'autres domaines. Par exemple, une façon de créer un avantage concurrentiel pour la construction de bâtiments écologiques, pourrait être d'imaginer un concept de construction nouveau, basé sur l'impression 3D ou sur des blocs encastrables. Dans les 2 cas, on peut imaginer offrir à des partenaires la possibilité de fournir, pour la construction, des extensions permettant de :

  • rendre le bâtiment plus isolé
  • rendre le bâtiment plus design
  • construire une pièce en plus

Autre exemple : rendre open source une innovation permet de faire en sorte qu'un grand nombre d'entreprises adoptent un même standard. Par exemple, une technologie de capture du CO2 pourrait avoir plusieurs extensions :

  • Enfouissement du CO2
  • Revente du CO2 à des industries qui en ont besoin dans la conception de leurs produits : Service (agriculture, boissons gazeuses...)
  • Conversion du CO2

3ème modèle : le réseau d'installateurs

La création d'une batterie permettant de stocker l'énergie solaire produite par une maison individuelle, à bas coût et sans métaux rares, pourrait se faire en open source. Ensuite, des entreprises souhaitant conclure des contrat d'installation et de maintenance pourraient payer pour être référencées et contactées à chaque achat d'une unité.

4ème modèle : la vente de la matière première

Une technologie nouvelle nécessitant une matière première (surtout si elle est difficile à obtenir) peut être diffusée gratuitement à grande échelle. Par exemple, une technologie de production d'électricité sans métal (donc biologique), nécessitant la culture d'une bactérie spécifique, pourrait s'appuyer sur un modèle de vente de cette matière première à l'ensemble des industries souhaitant commercialiser la technologie. A l'évidence, il est plus rapide et moins coûteux de se focaliser sur la production de la matière première que de réussir à industrialiser à l'échelle du monde un process de conception de batteries. D'autant plus que des très gros acteurs sont déjà équipés pour le faire.

5ème modèle : la double licence

La double licence consiste à proposer en open source une version générique de l'innovation, et sous forme privée/payante une version plus complète ou plus technique réservée à certains types de clients (en général : les grandes entreprises).

6ème modèle : la publication en open source retardée

Rendre une innovation open source, et donner les clés pour la commercialiser à de multiples acteurs, permet de se positionner comme le référent technologique primaire. Il est ensuite possible de commercialiser des "mises à jour", en mettant à disposition de tous les améliorations techniques réalisées avec un délai de quelques mois. Les entreprises souhaitant disposer de ces informations en priorité pourront les obtenir moyennant facturation. Ce modèle a l'avantage de permettre à l'entreprise de se focaliser uniquement sur la R&D, pendant que les distributeurs et industriels se chargent de la mise en oeuvre et de la commercialisation.

7ème modèle : la vente de certificats et d'usage de marque

Lorsqu'une technologie est nouvelle, la confiance qu'elle inspire est déterminante pour sa capacité à se développer. Le fait de créer la technologie, et de laisser à d'autres entreprises le soin de la diffuser, permet de se positionner comme un label ou certificat, qui va chaque année vérifier un usage conforme de la technologie mise au point. La vérification effectuée chaque année sur site sera alors facturée, afin que l'entreprise utilisatrice puisse rassurer ses clients sur sa capacité à faire bon usage de la technologie déployée.

En résumé : l'open source permettrait d'avoir plus d'impact ET d'atteindre plus facilement la rentabilité

L'open source est né dans le domaine du logiciel. De Firefox (navigateur internet) aux logiciels équipant les avions militaires de l'armée américaine, ils ont démontré leur robustesse, leur capacité de diffusion, et permis la création de milliers d'emplois liés aux entreprises qui gravitent autour de l'écosystème créé par chacun d'entre eux. Il est temps de s'inspirer de ces réussites pour activer la lutte contre le changement climatique. La propriété intellectuelle, les brevets et copyrights sont des outils intéressants "en temps de paix". Mais pour les enjeux que l'humanité va devoir relever, il faut changer de braquet.

Devenir associé : Lutter à grande échelle contre le changement climatique

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