A. Focus sur le dérèglement climatique

Ce n’est pas parce qu’on a le mot « planète » dans notre nom qu’on a vocation à résoudre un nombre illimité de problèmes, évidemment. Parmi les 17 objectifs du développement durable listés par l’ONU, nous avons choisi d’agir uniquement sur l’objectif numéro 13 : participer à la lutte contre le réchauffement climatique.

Petite précision néanmoins :

Démographie trop importante, inégalités sociales, économiques, migrations climatiques, risques sanitaires ou encore populisme… si tous ces problèmes peuvent être considérés comme en lien direct ou indirect avec le réchauffement climatique, ils sont complètement hors du périmètre d’action de Time for the Planet. Non pas qu’on estime qu’ils ne soient pas réels, importants ou qu’ils ne nous touchent pas à titre personnel, simplement nous avons choisi d’aborder des problèmes sur lesquels nous avons directement la main et sur lesquels nous ne dépendons pas de la politique ou d’un changement des comportements individuels à grande échelle. Et c’est déjà un sacré chantier !

On ne peut pas s’attaquer à tous les problèmes environnementaux 

Maintenant, concentrons-nous sur l’environnement, un sujet qui nous tient particulièrement à cœur. De la même manière, il existe de très nombreux challenges environnementaux. 

Une approche a été proposée par des chercheurs, d’abord en 2009, puis actualisée en 2015, et adoptée par les Nations Unies, l’Europe et tout récemment la France : lister les 9 limites planétaires. Ces limites désignent les limites que l’Humanité ne doit pas dépasser pour pouvoir vivre durablement dans un écosystème sûr.  

On y trouve le changement climatique bien sûr, mais également l’érosion de la biodiversité, la perturbation du cycle de l’azote ou du phosphore, ou encore l’utilisation de l’eau douce et la préservation de la couche d’ozone.  

À nouveau, nous ne pouvons aborder l’ensemble de ces problèmes et nous souhaitons nous focaliser uniquement sur la lutte contre le réchauffement climatique, pour plus d’efficacité et pour éviter le risque de s’éparpiller. Ainsi, nous n’étudierons pas des solutions pour désaliniser l’eau de mer ou encore des innovations pour favoriser la survie d’une espèce animale en voie de disparition. 

Atténuer les GES et viser la neutralité carbone 

Et même au sein de la lutte contre le réchauffement climatique, nous avons un objectif unique : financer des solutions qui atténuent les émissions de GES et permettent d’atteindre la neutralité carbone. Et ce rapidement et à l’échelle mondiale. 

Nous excluons donc par conséquent : 

- Les innovations qui n’ont pas d’impact direct et significatif sur les GES

Prenons un exemple : le plastique. 

Nous ne traiterons pas du problème du plastique dans les océans. C’est un sujet terrible en termes de pollution et qui impacte gravement la biodiversité. En revanche, d’après les connaissances actuelles, le plastique dans les océans a un impact négligeable sur le climat. Il entraîne bien une baisse de la capacité d’absorption du CO2 dissout par le phytoplancton mais c’est très faible. 

En revanche, l’industrie de production de plastique, au même titre que les autres industries, est tout à fait dans notre champs d’action, car elle a un impact très conséquent sur les émissions de GES.

Un autre exemple : financer une néo-banque qui n'investit que dans des projets « verts » est trop éloigné de notre objectif central, faire baisser directement les GES. 

- Les innovations à l’effet indirect, non mesurable

Prenons à nouveau un exemple : la sensibilisation et la pédagogie en faveur du climat. 

Ne vous méprenez pas, nous pensons que la pédagogie sur ce sujet est ultra nécessaire et chez Time for the Planet, nous sommes particulièrement passionnés par ces sujets (comme, nous l’espérons, le prouve ce dossier par exemple). Nous faisons et ferons toujours l’effort d’expliquer à tous nos interlocuteurs l’urgence de la situation.

En revanche, nous ne finançons pas des démarches pédagogiques, comme une application mobile permettant de mesurer l’impact GES des produits achetés en supermarché. Ces outils ou démarches sont indispensables bien sûr, mais il serait trop difficile pour nous de mesurer leur impact direct. Comment savoir qui va changer son comportement et dans quelle mesure il va le changer après avoir été sensibilisé ? 

Ainsi, nous allons privilégier tout ce qui peut avoir un effet direct et mesurable sur les GES.

- Les innovations non réplicables, non scalables à l’échelle mondiale

De nombreux citoyens se lancent dans des projets personnels locaux. Aussi louables et passionnants soient-ils, nous ne misons pas sur les projets locaux et donc souvent sur-mesure. Nous cherchons des innovations « standardisables » (« scalables ») et donc capables d’être déployées très rapidement et à large échelle pour un gain évident en termes de temps et d’impact. 

- La question du nucléaire

La question du nucléaire est un débat extrêmement polémique sur lequel Time for the Planet ne souhaite pas se positionner, ni idéologiquement ni en termes d’investissement. 

Nous soutiendrons simplement deux affirmations :

  • Le grand public pense souvent à tort que l’énergie nucléaire est une source importante d’émissions de GES, or c’est faux : le nucléaire est l’une des énergies qui rejettent le moins de GES, on parle d’ailleurs souvent d’énergie « bas-carbone ». 
  • En revanche, il serait erroné de considérer que le nucléaire est une énergie facilement renouvelable. L’uranium est une ressource aujourd’hui finie, au même titre que les énergies fossiles. Et c’est une ressource qui sous-tend des enjeux géopolitiques et de sécurité majeurs, sur lesquels nous ne souhaitons pas nous impliquer.

Nous ne souhaitons pas nous prononcer sur le rôle de « tampon » qu’elle pourrait jouer à court terme. Par conséquent, nous ne finançons aucune innovation dans le secteur du nucléaire.

On ne joue pas aux apprentis-sorciers : non à la géo-ingénierie

Plus on prend de retard dans la lutte contre le réchauffement climatique, plus la tentation d’aller vers la géo-ingénierie devient forte. Mais de quoi parle-t-on, au juste ? 

La géo-ingénierie, c’est manipuler le climat « à première intention et à grande échelle », de manière corrective. Autrement dit, elle ne vise pas à limiter les causes du réchauffement climatique (émissions de GES) mais à maîtriser ses conséquences. 

Prenons simplement un exemple souvent cité : injecter massivement du soufre (ou ses dérivés) sous forme d’aérosols de sulfate dans l’atmosphère. Nous avons vu que le forçage radiatif de certains éléments peut être négatif et refroidir la planète. En effet, concrètement, envoyer ces aérosols augmenterait l’albédo atmosphérique et donc ralentirait le réchauffement. Le temps de résidence des aérosols dans l’atmosphère étant limité, il faudrait en injecter à intervalles réguliers. 

Ce genre d’action est extrêmement risquée :

  • D’abord, il existe des risques importants d’effets secondaires, notamment sanitaires : difficile de tous les anticiper dès maintenant, mais les aérosols sont par exemple des produits souvent nocifs à la santé. 
  • Ensuite, si dans plusieurs générations, pour une raison ou une autre (technique, géopolitique…), on ne peut plus continuer à envoyer ces aérosols pour compenser les GES qui ont encore augmenté dans l’atmosphère, l’effet de serre changerait alors très brutalement le climat. Le réchauffement climatique engendré serait terriblement violent et très soudain. 

Nous souhaitons donc nous concentrer sur les causes, c’est-à-dire les émissions des GES et leur atténuation et ne pas aller vers la géo-ingénierie.

 

B. Notre stratégie : miser sur 4 leviers d’atténuation

L’objectif de Time for the Planet est donc clair : nous devons lancer des solutions qui réduisent drastiquement nos émissions de GES, afin d’atteindre la neutralité carbone au plus vite. 

Pour cela, nous avons identifié 4 leviers d’actions complémentaires et indispensables :

  1. Zéro émission : développer des sources d’énergie et matériaux qui n’émettent pas de GES.
  2. Efficacité énergétique : améliorer les rendements des systèmes actuels pour diminuer leur consommation de ressources et les émissions associées.
  3. Sobriété : réduire nos besoins afin de limiter mécaniquement l’ensemble des GES de toute la chaîne de production.
  4. Captation :  capter les GES émis, directement et indirectement, afin d’en limiter l’augmentation de la concentration dans l’atmosphère, voire la réduire.

 

1. Zéro émission, ou la décarbonisation

Le premier levier, c’est celui de la décarbonisation (ou « décarbonation »). 

Il vise à développer les solutions de demain, des innovations radicales qui permettent de construire un monde fonctionnant en neutralité carbone. Pour cela, il faut notamment passer de la consommation d’énergies fossiles qui émettent des GES à des énergies décarbonées et renouvelables. 

La neutralité carbone est une vision long-terme, qui nécessite encore d’importants travaux de recherche et développement, mais pour laquelle il est indispensable d’investir dès aujourd’hui si nous voulons réellement nous donner une chance de l’atteindre ! 

Ce levier est indispensable, mais il n’est pas suffisant. Impossible de modifier d’un seul coup l’ensemble de nos sociétés. Une phase de transition est essentielle, tant sur le plan technologique que sur le plan social, politique ou économique. Time for the Planet peut participer à cette transition, en aidant les différents acteurs à accélérer via des solutions innovantes et attractives.

2. Efficacité énergétique

Ce deuxième levier, l’efficacité énergétique, s’inscrit plutôt dans le court-moyen terme. Tant que nous ne sommes pas en situation de neutralité carbone, il faut limiter les “déperditions d’énergie » de nos processus et systèmes actuels. Cela permet de limiter la consommation d’énergie totale et donc les émissions de GES pendant cette phase de transition. Production, transformation, consommation de l’énergie carbonée :  de multiples améliorations sont déjà mises en place et de nombreuses restent à inventer pour optimiser l’efficacité énergétique de nos systèmes, de nos équipements, de nos machines… 

Pris isolément, le levier de l’amélioration de l’efficacité énergétique serait insuffisant pour réussir la transition énergétique de grande ampleur visée. En revanche, en s’inscrivant comme l’un des 4 axes complémentaires d’actions, il joue un rôle crucial pour une action rapide dans l’ensemble de nos secteurs d’activité, de par sa grande acceptabilité et sa facilité de mise en œuvre. 

3. Sobriété de nos besoins

La sobriété constitue un important levier d’action à court terme et doit également jouer un rôle majeur sur le long-terme. Une réduction de nos besoins (de déplacements, d’objets de consommation, de construction, de nourriture…) agit mécaniquement et quasi-instantanément sur nos émissions de GES. La baisse mondiale observée lors de la crise du COVID-19 l’illustre parfaitement.  

Sur le long-terme, c’est une évolution globale de nos modes de vie qui permettra d’avoir un impact significatif et durable. Pour encourager l’adoption de la sobriété par le plus grand nombre, il faut que la sobriété soit le choix le plus naturel, le plus valorisé, le plus profitable ou encore le plus accessible au consommateur. Par exemple, quand un trajet à vélo fait gagner du temps par rapport au même déplacement en voiture, il devient bien plus facile de choisir ce mode de déplacement. 

4. Captation des GES

Le dernier levier est le développement de solutions de captation des GES. 

À première vue, la captation peut paraître s’attaquer aux conséquences du réchauffement plutôt qu’à ses causes. Ce n’est pourtant pas forcément le cas ! Eh oui, les GES fonctionnant sous forme de cycle, leur captation puis leur stockage constitue déjà un élément naturel de régulation. 

Prenons les forêts : les arbres absorbent le CO2 pour le stocker sous forme de biomasse et émettent de l’oxygène au passage. En d’autres termes, ne pas dégrader les puits de carbone, voire s’assurer de leur développement, constitue une solution de captation des GES qui s’attaque bien aux causes. 

La captation des GES apparaît comme un élément indispensable à une stratégie d’atténuation ambitieuse, visant un réchauffement planétaire limité à 1,5°C comme le démontrent les derniers scénarios du GIEC.

Enfin, la captation peut également jouer un rôle de “neutralisation” des émissions anthropiques déjà émises. Il se développe aujourd’hui des solutions pour capter le CO2 existant dans l’atmosphère, par exemple. Si ces solutions représentent un levier pour une transition rapide, elles ne devront en aucun cas être considérées comme un axe suffisant et souhaitable pour lutter contre le réchauffement climatique. 

C. Notre périmètre sectoriel : agir sur 5 secteurs prioritaires

Chez Time for the Planet, nous souhaitons agir de manière efficace pour réduire les émissions de GES. Pour cela, il faut connaître les sources d’émissions de GES anthropiques les plus importantes.

Les rapports du GIEC nous donnent pour l’année 2010 la répartition entre les différents secteurs de notre économie.

Source : 5ème rapport d'évaluation du GIEC, données 2010.
Source : 5ème rapport d'évaluation du GIEC, données 2010.

Attention, il s’agit d’une analyse au niveau global de la planète, mais la situation de chaque pays est très différente. Elle dépend de :

  • Sa situation géographique (pays froid ou chaud, montagneux, en litoral ?)
  • Sa démographie (combien y a-t-il de foyers à nourrir, à chauffer… ?)
  • Ses ressources naturelles disponibles (fleuve, pétrole, biomasse...)
  • Son PIB / habitant (un habitant d’un pays « riche » consomme davantage)
  • Son « mix énergétique », c’est-à-dire la répartition entre les différentes sources d’énergie dont un pays dispose (part des énergies fossiles ? du nucléaire ? du renouvelable ?)
  • Sa politique nationale et notamment de transition énergétique (ouvre-t-il des usines à charbon ? incite-t-il à l’isolation des bâtiments ?…)

L’énergie, le cœur du réacteur

L’analyse des émissions de GES est sans appel : le secteur de l’énergie représente un enjeu majeur. 

En tenant compte des émissions relatives à l’extraction et à la transformation, le secteur de la production d’énergie représente plus du tiers des émissions mondiales des GES, soit environ 34% en 2010 selon le GIEC.

Répartition des émissions indirectes de GES du secteur de l'énergie
Répartition des émissions indirectes de GES du secteur de l'énergie

Que ce soit pour la production d’électricité ou de chaleur, les émissions de GES du secteur sont directement liées à l’utilisation massive des énergies fossiles (plus de 80%). 

Au-delà des débats sur le niveau des stocks des ressources fossiles (pétrole, gaz et charbon), il est donc primordial de faire évoluer le mix énergétique mondial vers d’autres sources d’énergies bas carbone. 

L’industrie, le glouton de l’énergie

Le secteur de l’industrie est le second plus gros secteur émetteur de GES : 

  • D’une part, il est celui qui demande le plus de ressources en énergie, et à ce titre, il est un des secteurs majeurs d’émissions de GES dans le monde (44 % de l’énergie).
  • D’autre part, son activité en tant que telle - les procédés industriels eux-mêmes - émet également 21% des GES mondiaux. Par exemple, lors de la production de ciment, la réduction du calcaire (CaCO3) en chaux (CaO) engendre forcément un dégagement de CO2. En d’autres termes, il est chimiquement impossible de ne pas émettre de CO2 lorsqu’on produit du ciment... 

Au cumul, il est donc responsable d’un tiers (32 %) des émissions de GES mondiales.

Les trois industries les plus émettrices sont la sidérurgie, la chimie lourde et la production de ciment. 

Transports, le roi du pétrole

À l’échelle mondiale, les transports représentent près de 15% des émissions de GES (très majoritairement du CO2).  Attention toutefois, la production des moyens de transport (construction des voitures, des avions…) est, elle, comprise dans le secteur « Industrie ». Les 15% des GES évoqués correspondent aux GES émis lors des déplacements, par la consommation de carburants.

Le principal émetteur du secteur est de loin le transport routier, avec 10,5% des émissions mondiales. Le transport routier intègre les véhicules légers et lourds, c’est-à-dire motos, voitures et camions. La part mondiale d’émissions du transport aérien est de l’ordre de 2%. 

S’il est vrai que, à titre individuel, votre empreinte carbone est beaucoup plus forte si vous voyagez en avion plutôt qu’en voiture, l’impact de la catégorie routière est significativement plus important que celui de l’aviation étant donné le nombre de déplacements routiers à l’échelle planétaire.

Impact pour 1000 km, en France
Impact pour 1000 km, en France

L’agriculture, la championne multi-catégories

L’agriculture et l’utilisation des terres sont responsables de 24% des GES, selon le GIEC. 

Ce secteur est à l’origine de l’essentiel des émissions mondiales des gaz « hors CO2 » : 2/3 du méthane (CH4) et du protoxyde d’azote (N2O) proviennent ainsi des activités agricoles, respectivement dus à l’élevage bovin et à l’utilisation des engrais. 

L’élevage, par exemple, correspond à des émissions supérieures au secteur du transport ! L’élevage regroupe les émissions liées à la fermentation entérique des animaux d’élevage (qui ruminent et rejettent du méthane) et à l’alimentation animale.

Concernant les cultures, les émissions proviennent principalement de la fertilisation azotée minérale et organique (engrais minéraux, boues, composts, déjections animales), de l’apport d’amendements basiques (calcaire, dolomie), ainsi que de la riziculture. Ce n’est pas le riz en soi qui est émetteur de GES, mais la décomposition de la matière organique dans les champs de riz inondés qui produit du méthane, et s’échappe dans l’atmosphère principalement par des bulles d’air et à travers les plants de riz.

Ce secteur agricole contribue quand même aux émissions de CO2, car il intègre le domaine de la foresterie et autre utilisation des terres (ou « AFAT »). Il prend donc en compte les flux de carbone dûs à l’évolution des puits de carbone (gestion forestière, sols agricoles, boisement, artificialisation, retournement de prairie...).

Enfin, la déforestation, principalement provoquée par l'expansion de l'agriculture, la conversion des terres en pâturages, l'exploitation forestière destructive ainsi que les incendies de forêt, représentent 11% des émissions mondiales de GES.

Le bâtiment, une brique indispensable

Le secteur du bâtiment représente un peu plus de 6% des émissions mondiales de GES. Il comprend les bâtiments résidentiels et professionnels (« tertiaires »).

On intègre dans ce secteur les émissions de GES liées à la vie du bâtiment. On n’intègre pas les émissions liées à sa construction (la fabrication de matériaux, le ciment notamment, est comptabilisée dans les chiffres de l’industrie). Compte tenu de la nature des émissions, les chiffres du secteur bâtiment sont très hétérogènes dans le monde, car les besoins sont très différents en fonction des conditions climatiques. 

Les émissions de GES sont donc essentiellement liées au chauffage et à la climatisation. On comprend donc bien pourquoi la performance énergétique joue un rôle prépondérant : un bâtiment bien isolé a moins besoin d’être chauffé ou climatisé. 

Le chauffage et la climatisation utilisent des combustibles fossiles et des gaz hydrofluorocarbures (HFC). Ces derniers sont des gaz principalement utilisés comme réfrigérants dans les climatiseurs et les réfrigérateurs, ou encore comme agents de propulsion dans les aérosols. Ils sont constitués d’atomes de carbone, de fluor et d’hydrogène. Ceux sont de puissants GES, avec une capacité de réchauffement jusqu’à 14 800 fois supérieure à celle du CO2 ! 

Il existe un énorme potentiel pour réduire le niveau actuel des émissions de GES, mais l’action est trop lente selon les défenseurs de l’environnement. Pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, l’Alliance mondiale pour le bâtiment et la construction, hébergée par le PNUE, vise une amélioration de la consommation d’énergie de 30% dans le secteur du bâtiment et de la construction.

Après s’être stabilisées grâce au développement de nouvelles techniques, de nouveaux outils, de nouveaux produits et de nouvelles technologies (pompes à chaleur, meilleures fenêtres, isolation renforcée, appareils écoénergétiques et conception plus intelligente) les émissions du secteur sont reparties à la hausse avec l’augmentation en nombre des systèmes de climatisation et d’évènements climatiques intenses (canicules…).

Le numérique : le nouveau secteur qui monte, qui monte

Après avoir détaillé les 5 secteurs majeurs en termes d’émissions de GES anthropiques, on a souhaité rajouter un secteur « bonus » : le numérique. Pourquoi bonus ? 

Car malheureusement aujourd’hui, il n’a jamais été étudié de manière isolée par des études d’ampleur mondiale. Il n’existe donc aucun chiffre, même à l’échelle d’un pays. Seul un rapport du Shift Project a essayé de quantifier l’impact de ce secteur, mais les chiffres sont à prendre avec des pincettes, étant donné qu’ils n’ont pas fait l’objet d’une validation scientifique internationale.

En revanche, ce qui est certain, c’est que le numérique génère des GES et que ce secteur ne cesse de grandir. Selon les premiers chiffres, son empreinte énergétique augmenterait de 9% par an. Elle inclut : 

  • L’énergie de fabrication des terminaux (serveurs, réseaux, terminaux), aujourd’hui pris en compte dans le secteur Industrie et Energie.
  • La multiplication des périphériques numériques (smartphones, objets connectés…) qui sont très fréquemment renouvelés, aujourd’hui pris en compte dans le secteur Industrie.
  • L’explosion du trafic de données et des usages vidéos (Netflix, Youtube, ou dernièrement Zoom et Skype pendant le Covid-19) qui demandent énormément de bande passante, aujourd’hui pris en compte dans le secteur Industrie.

Selon un rapport du Sénat, en 2019, le numérique a produit 3,7% des gaz à effet de serre dans le monde, et 2% du total des émissions françaises, soit 15 millions de tonnes de CO2. Un chiffre qui pourrait grimper à 6,7% du total national en 2040, bien au-dessus de l'aviation (4,7%). Si c’était un pays, le secteur du numérique serait le cinquième plus gros émetteur mondial de CO2.

Au-delà de son impact en GES, il faut surveiller ce secteur de près, car : 

  • Il capte une part de plus en plus « démesurée » de l’électricité disponible, ce qui accroît la tension sur les sources de production d’électricité décarbonée. 
  • Il génère une demande croissante en métaux « critiques » (disponibles de manière limitée), dont beaucoup se trouvent être également indispensables aux technologies bas-carbone.

C’est donc un secteur « bonus » qui intéresse évidemment Time for the Planet et qui entre dans son périmètre d’action. Tant qu’il n’a pas été documenté et chiffré par le GIEC, nous conserverons le fait qu’il soit réparti entre Industrie et Énergie, c’est à dire au sein de nos 5 secteurs identifiés comme prioritaires.

D. Les 20 problèmes que Time for the Planet adresse

Maintenant que nous avons détaillé nos 4 leviers d’action d’atténuation, et nos 5 secteurs prioritaires, nous pouvons construire une matrice pour déterminer clairement le périmètre d’intervention de Time for the Planet. 

Nous allons identifier, sélectionner puis financer des solutions qui entrent dans les cases de cette matrice. Voici donc les 20 problèmes que nous souhaitons aborder :

Vous noterez que nous avons quelques partis pris spécifiques. En voici le détail : 

  1. Pour décarboniser l’énergie, nous voulons miser sur l’énergie renouvelable et les flux infinis.
  2. Pour déployer à large échelle une énergie 100% décarbonisée, l’une des clés est le stockage de l’énergie, qui est donc l’un de nos axes majeurs.
  3. Pour éviter de retrouver les problèmes liés aux énergies fossiles (stock limité, sécurité…) dans les systèmes de stockage, nous souhaitons développer des solutions de stockage de l’énergie sans métaux « critiques » ou terres rares. Dans la même logique, nous souhaitons des innovations avec une durée de vie la plus longue possible. 
  4. Les énergies renouvelables sont déjà bien maîtrisées, néanmoins, il est souhaitable d’améliorer leur rendement énergétique. Aujourd’hui, ce rendement atteint un plafond, ce qui limite leur adoption et crée donc des contraintes de superficie disponibles importantes.

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